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For a complete text of  The Struthof Album, by Jean-Claude Pressace, published by the Beate Klarsfeld Foundation, together with associated documents, most of which were presented in evidence at the Nuremberg trials and are drawn from the following remarkable collections : Blue series, Volume XXXVIII, pages 227-236 ; Red Series, supplement A, pages 1283-1289, Green Series, Volume I, pages 748-752, see:  

http://www.holocaust-history.org/klarsfeld/Struthof/T001.shtml

The gas chamber at Natzweiler was built for Dr. August Hirt, in order to enable him to gas Jews for his work on racial differences. Hirt's superior, Sievers, submitted to SS Sturmbannfuehrer Dr. Brandt in a letter headed "secret" on the 9th of February, 1942, Hirt's "proposal for securing the skulls of Jewish-Bolshevik Commissars:" "...Of the Jewish race, however, only so very few specimens of skulls are at the disposal of science that a study of them does not permit precise conclusions. The war in the East now presents us with the opportunity to remedy this shortage. By procuring the skulls of Jewish-Bolshevik Commissars, who personify a repulsive yet characteristic subhumanity, we have the opportunity of obtaining tangible scientific evidence."

Anthology, translations and explanatory text Copyright © Diana Mara Henry.

Across the street from the gas chamber is an inn, popular with skiiers before World War II, that continues to be used today as it did during the war, when diners might see naked prisoners being herded inside. For an interesting rendition of this, see Judy Chicago's Holocaust Project, which contains an extensive report and drawings of the camp.

School girl by vats where the bodies of Jews gassed in the chamber were stored in alcohol until they could be firther dissected and "studied" by Dr. August Hirt, the ambitious and lazy scientist who developed this get-ahead scheme and received funding for it from the Ahnenherbe, a Nazi semi-occult semi-academic group funded by the SS, for the "study of ancestors."

One of the images presented at the Nuremberg trials, in the "Medical Case," documenting the bodies as they were found in the vats at Natzweiler. The cadavers have Auschwitz numbers tattooed on their arms.

Témoignages sur les autopsies

Notre maître le professeur Léonard Singer qui ne s'en ouvrit jamais durant toute sa carrière professionnelle exposa tardivement, en 1996, dans les colonnes de la revue Mémoire de la Médecine à Strasbourg, son témoignage d'assistant des trois médecins légistes, Simonin, Piedelievre et Fourcade qui procédèrent à l'autopsie du corps des 86 victimes.
Il en gardera pour toujours une vision d'horreur qui peut expliquer son silence douloureux.

"Cette hallucinante confrontation avec les fragments humains et les cadavres laissés par le sinistre Hirt dans les caves de l'Institut d'Anatomie situé au milieu des Hospices civils, a été en fait ma première prise de contact avec l'hôpital, celui de Strasbourg dans lequel s'est déroulée toute ma carrière à partir de 1946 jusqu'à ma retraite en 1992. cependant je dois dire que pendant les premières années de médecine surtout, mais à la vérité à un degré moindre pendant toute ma carrière hospitalo-universitaire, ces cadavres et fragments de cadavres ont été à l'origine d'une répulsion pour l'Institut d'Anatomie et l'Institut d'Anatomie pathologique...
Quand, bien plus tard, j'ai été chargé de la surveillance des étudiants dans la grande salle de dissection de l'Institut d'Anatomie, à l'occasion d' examens, je sentais toujours un malaise diffus et le souvenir de ces cadavres me revenait' (19) .

Jean-Marie Le Minor revient dans son ouvrage de référence sur ces autopsies auxquelles le futur Professeur Singer participe :

"Le volumineux rapport d'expertise médico-légale de C. Simonin, R. Piedelievre et J. Fourcade décrit méticuleusement l'autopsie de 17 sujets entiers , et de 166 segments de corps appartenant à 64 personnes au moins ; toutes présentant les signes d'une mort par inhalation d'acide cyanhydrique." (20)

Dr. August Hirt disappeared and was never found.

.

The gas chamber was constructed so that the proceedings as people were dying could be observed, after the door was closed and a component of the lethal mixture poured into the chamber through the hole visible in the wall next to the girl's arm. The procedure was clinically described by Josef Kramer, Commandant of Natzweiler for much of its existence, during his trial as "the Beast of Belsen," where he was reassigned after Natzweiler was vacated ahead of the approaching U.S. army in the fall of 1944. Kramer is the only Nazi at natzweiler to have been executed for his crimes.

Gypsies were also gassed at Natzweiler, in experiments conducted by Dr. Hagen to develop an antidote to mustard gas. These experiments are also documented in the Medical Cas of the Nuremberg trials. The man seen here in front of the gas chamber's plaque is a Gypsy who claims to have survived one of these gassings, as a 17 year old.( From Essor: Témoignages.)

What happened to the bodies and the memory of these human experimental subjects after the war? The following is a translation of parts of the page: http://judaisme.sdv.fr/histoire/shh/struthof/medec.htm

Le Cercle MENACHEM TAFFEL
Docteur Georges Yoram Federmann
Président du Cercle

Une cinquantaine de sympathisants du cercle Menahem-Taffel se sont retrouvés, le 24 avril 2005 à 10H place de l'Hôpital, devant l'Institut d'anatomie de Strasbourg, dans le cadre de la journée nationale du souvenir de la déportation.

Le cercle Menahem-Taffel réunit depuis 1997 des soignants français et allemands qui honorent la mémoire des 86 victimes du Pr August Hirt, médecin nazi qui a officié dans les locaux de l'Institut d'anatomie de Strasbourg.
Depuis sa création, ce cercle demande l'apposition d'une plaque rappelant les atrocités de ce professeur. Cette demande se heurte à la position de l'Université qui estime que les « bâtiments » ne sont pas responsables des crimes de Hirt -la Faculté de médecine étant repliée à Clermont pendant la guerre.
Devant la porte de l'Institut, au milieu de représentants d'associations de victimes de génocides (rwandais, tziganes...), d'association de quartier (Cardek), et d'un adjoint au maire (Hugues Geiger), le Pr Christophe Oberlin, membre du collège d'anatomie de Paris, a fustigé la position de la communauté universitaire, qu'il juge "d'une frilosité honteuse" et contraire au nécessaire "travail de mémoire".


Dès 1992, Jacques Morel lançait un vibrant et assourdissant "Strasbourg, souviens-toi !" (1) dont je reprends une partie du contenu.

"En ces temps où certains mettent en doute la réalité de l'extermination de juifs et de tsiganes par les nazis, il est peut être nécessaire de rappeler d'horribles forfaits qui se sont déroulés non pas dans la lointaine Pologne mais beaucoup plus près de nous : William Schirer dans son livre Le troisième Reich, des origines à la chute, Eugen Kogon, Hermann Langbein et Adalbert Rueckerl dans Les chambres à gaz, secret d'Etat racontent les expériences faites par le professeur August Hirt à Strasbourg" (2) .

"Le Hauptsturmführer SS August Hirt, professeur de médecine, directeur de l'Institut d'Anatomie de l'université de Strasbourg, s'occupait de recherches sur la race, alors très à la mode. Comme "la race juive" était sur le point d'être anéantie, il voulut réunir, tant qu'il était encore temps, "une collection de crânes de commissaires bolcheviks juifs". (...)

Hirt terminait son projet par ces mots : "Pour la conservation et l'étude du lot de crânes ainsi obtenus, la nouvelle université d'Etat de Strasbourg serait le lieu qui conviendrait, en raison des buts et des tâches qui lui ont été assignés (…)" (3) .

115 personnes furent ainsi sélectionnées à Auschwitz et transférées jusqu'au Struthof pour y être gazées dans la chambre spécialement aménagée à cet effet .
86 personnes périrent gazées (on ne sait pas ce que sont devenues les autres) et leur corps furent transférés à l'Institut d'Anatomie Normale des Hospices civils de Strasbourg durant le mois d'août 1943.
L'employé français Henri Henripierre devra participer la conservation les cadavres dans l'alcool et prendra note, probablement au péril de sa vie, de la liste des 86 matricules (sur l'avant-bras gauche des victimes).
Hirt séparait les têtes et étoffait sa collection de squelettes.
L'irruption des alliés le 23 novembre 1944 l'empêchera de se débarrasser des corps.
On en retrouvera 17 intacts et 166 segments de corps appartenant à 64 personnes au moins .

Je dois dire que je n'ai appris l'existence de ces crimes qu'en 1992, c'est à dire longtemps après la fin de mes études entièrement réalisées à Strasbourg.
Cela m'a beaucoup interrogé depuis et je me suis souvent demandé quelle pouvait être les causes d'un tel avatar dans la transmission de cette page sombre de l'histoire de la médecine à Strasbourg.
Je continue à m'interroger.

 

La controverse (Conflicting reports)

Par la suite, j'ai eu droit, comme beaucoup aux anecdotes et aux rumeurs faisant état de l'utilisation en T.P., après-guerre, de matériel anatomique ou embryologique datant de cette période sombre.

A ce sujet les indications des professeurs Heran et Le Minor qui affirment qu'il n'y a jamais eu de coupes anatomiques constituées à partir des corps des martyrs juifs et tsiganes sur lesquelles auraient travaillé les étudiants en médecine, sont nuancées par le courrier des lecteurs du Monde Diplomatique d'août 1993 où le Dr Charles Mager écrit :

"c'est l'époque après la Libération. Je suis étudiant en médecine, première année. J'entre dans la grande salle d'autopsie de l'université de Strasbourg. Je m'apprête à commencer la dissection du cadavre. Je m'aperçois que tout son corps est parcouru de profondes meurtrissures. Il est circoncis. A titre de curiosité, je me mets à parcourir toute la salle de dissection, en m'arrêtant attentivement devant chaque table. Tous les cadavres, hommes et femmes, sont profondément marqués par des coups. La plupart des hommes sont circoncis. Je retourne à ma place. Le professeur d'Anatomie me dit de commencer la dissection. Je ne puis. Je suis dégoûté . J'ai envie de vomir. Je décide de réunir, au milieu de la salle, un comité de tous les étudiants juifs, pour protester. Ils n'osent, ils ont peur, ils se dérobent. Alors, seul, décidé à agir, je me rends, par une nuit froide d'automne, chez le rabbin de la ville pour lui fournir toutes les explications. Le lendemain, tous les cadavres, qui de leur vivant ont été torturés à mort, ont disparu de la salle de dissection." (4)

 

(see for 2003 desecration of this cemetery with swastikas: http://judaisme.sdv.fr/actual/cimetier.htm)

http://judaisme.sdv.fr/histoire/shh/struthof/medec.htm

Background from the above site:
Des 86 victimes, une seule avait été identifiée, jusqu'au 21 septembre 2003, "grâce" au matricule 107969 retrouvé sur son avant-bras gauche.
Il s'agit de Menachem TAFFEL, né en Pologne le 28 juillet 1900.
Il a séjourné ensuite à Berlin, ironie du destin, au 9 rue d'Alsace ( Elsasserstrasse).
C 'est en 1985 que l'on retrouve son nom cité pour la première fois dans l'Album du Struthof ,présenté et commenté par Jean-Claude PRESSAC et édité par Serge KLARSFELD

Pouvait-on espérer retrouver un jour plus d'éléments biographiques en s'appuyant sur le passage du livre de Kogon, Langbein et Ruckerl qui précisait qu'à Auschwitz "L'envoyé spécial chargé de réunir le matériel (...) devra prendre une série de photographies déterminées à l'avance, effectuer des mesures anthropologiques et, autant que possible, établir l'origine, la date de naissance et le maximum de détails personnels sur les prisonniers" ? (7)


Que vaudrait une vie sans Mémoire et sans Histoire et quel sens ultime pourrait avoir la mort de ces 86 victimes ?
Que vaudrait la vie de Monsieur MENACHEM TAFFEL, seule victime identifiée jusqu'alors?
Qui se souviendrait de son arrestation à Berlin en 1943 ainsi que de celles de sa femme Klara, 44 ans, et de leur fille Ester Sara, 15 ans.
Qui se souviendrait de leur déportation à Auschwitz-Birkenau le 13 mars 1943 ?
Qui se souviendrait de la mort immédiate de Klara et d'Ester dès leur arrivée ?

 

Le 11 décembre 2005 se déroulera dans le cimetière Juif de Strasbourg-Cronenbourg, une cérémonie à la mémoire de 86 Juifs qui reposaient dans l’anonymat d’une fosse commune en Alsace depuis 1945. C’est en effet le 3 janvier de cette année là que le journal londonien « Daily Mail » relata pour la première fois la découverte de 86 cadavres conservés dans de l’alcool à l’Institut d’anatomie de l’université de Strasbourg. Tous avaient eu un numéro tatoué sur leur avant bras gauche.

On the 11th of December 2005 a ceremony will take place in the Jewish cemetery of Strasbourg-Cronenbourg, in Alsace.. The ceremony will honor the memory of 86 Jews who lay in an unmarked mass grave there since 1945. London’s Daily Mail newspaper, on 1/3/45, broke the story of the discovery of 86 cadavers preserved in alcohol that were discovered at the University of Strasbourg’s Institute of Anatomy. All had a number tattooed on their left arm.

Au terme de longues et minutieuses  recherches, le journaliste-historien allemand Hans-Joachim Lang1 est parvenu à identifier complètement les 86 victimes2. Dans l’étude qu’il vient de publier, Lang aborde le « cas » du SS August Hirt, professeur de médecine et nommé en 1941 directeur de l’Institut d’anatomie de la Reichsuniversität de Strasbourg, installée par les occupants nazis en l'absence de l'Université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand depuis 1939. 

After lengthy and detailed research, the German journalist-historian Hans-Joachim Lang (1) managed to identify every one of the 86 victims. ( 2) In the study that he has just published, Lang takes on the “case” of August Hirt, the medical doctor named in 1941 to direct the Institute of Anatomy at the Reichsuniversität of Strasbourg, which was set up by the Nazis in the absence of the University of Strasbourg which had relocated to Clermont-Ferrand since 1939.

Dans le cadre de ses études raciales, le professeur Hirt conçut le projet d’une collection de squelettes juifs et à cette fin, il présenta un plan de recherches au Reichsführer Heinrich Himmler qui approuva ce projet.  Des hommes et des femmes furent donc « sélectionnés » en août 1943 à Auschwitz et envoyés au camp de concentration du Struthof-Natzweiler, en Alsace. Divisés en quatre groupes, ils y furent successivement gazés entre le 11 et le 19 août et leurs cadavres mis à la disposition du professeur Hirt.

In the context of his racial studies, Professor Hirt conceived of the project of a collection of Jewish skeletons and, to that end, presented a research proposal to Reichsfuhrer Heinrich HImmler, who approved the project. Men and women were therefore “selected” in Auschwitz in August of 1943 and sent to the Struthof-Natzweiler (sic) concentration camp in Alsace. They were divided into four groups that were gassed one after the other between the 11th and the 19th of August, after which their cadavers were placed at the disposal of Professor Hirt.

Mais, en septembre 1944,  l’approche rapide des armées alliées entraîna l'abandon du projet et Himmler ordonna l'élimination de toute trace de cette collection compromettante. En vain, les restes des 86 cadavres furent découverts et inhumés le 23 octobre 1945 dans le cimetière municipal  de Strasbourg-Robertsau (en septembre 1951, ils furent transférés dans le cimetière juif de Strasbourg-Cronenbourg).  August Hirt, qui avait fuit Strasbourg en septembre 1944, se cacha dans la ville de Tübingen avant de se suicider fin avril 1945. 

But in September of 1944, due to the rapid approach of the allied armies, the project was abandoned and HImmler ordered the elimination of every trace of the compromising collection. His orders were not carried out, and the remains of the 86 cadavers were discovered and buried on October 23, 1945, in the municipal cemetery of Strasbourg-Robertsau. (In September, 1951, they were transferred to the Jewish cemetery of Strasbourg-Cronenbourg.) August Hirt, who fled Strasbourg in September, 1945, his in the city of Tübingen before committing suicide at the end of April 1945.

Six de ses victimes étaient des femmes juives résidant en Belgique, qui avaient été déportées de Malines à Auschwitz3. Deux d’entre elles venaient de Liège : Marjem Kempner-Rozen et sa fille Brandel Grub-Kempner. Les recherches4 menées à Liège dans les dernières années d’un côté, et les travaux du Dr. Lang de l’autre,  permettent aujourd’hui de retracer leur parcours. Voici brièvement leur histoire et celle de leurs familles : 

 

 Six of his victims were Belgian Jewish women, who were deported from Malines to Auschwitz. (3) Two of there were from Liège: Marjem Kempner-Rozen and her daughter Brandel Grub-Kempner. Dr. Lang’s work and other research conducted in Liège these last few years today allows us to follow the course of their destiny. Here, briefly, is their story and that of their families:

 

De nationalité polonaise, Marjem Rozen, arrive de Dusseldorf à Liège en 1921 à l’age de 30 ans (son frère, Alter-Jacob Rozen la rejoindra en 1923). Elle y rencontre Moszek Kempner, lui aussi Polonais, fait prisonnier civil en 1915 et interné au camp de Breslau (Allemagne) jusqu’en décembre 1918. Une fille, Brandel leur naît en 1922 à Dusseldorf.

A Polish national, Marjem Rozen arrived in Liège from Dusseldorf at the age of 30. (Her brother, Alter-Jacob Rozen was to follow in 1923.) In Liège she met Moszek Kempner, also Polish, who was taken prisoner (not prisoner of war) in 1915 and interned in the Breslau (Germany) prison camp until December, 1918. The two had a daughter, Brandel, born in 1922, in Dusseldorf.

Après avoir été photographe ambulant, Moszek Kempner fonde avec ses frères, Herz et Lajb, une petite fabrique d’eau gazeuse et de limonades.  Marjem Rozen, exerce la profession de négociante et colporteuse en bonneterie. Ils se marient le 30 octobre 1926.

After having been a sidewalk photographer, Moszek Kempner, with his brothers Herz and Lajb, started a small seltzer and lemonade factory. Marjem Rozen’s profession was that of store and traveling saleswoman in haberdashery. The two were married in 1926.

Les familles s’installent  et s’agrandissent: Alter-Jacob Rozen,  rejoint par son épouse, Charolla Roth, devient père de deux filles, Bertha et Nelly. Lajb Kempner  et son épouse Esther Altmann donnent le jour à un fils,  Abraham. De son côté, après avoir suivi pendant 3 ans des cours à l’école professionnelle rue Féronstrée à Liège, Brandel devient  « tailleuse ». En 1940, elle épouse Abram Josek Grub, fabricant de cravates.

The families settled in and grew: Alter-Jacob Rozen, joined by his sife, Charolla Roth, became father to two daughters, Bertha and Nelly. Laib Kempner and his wife Esther Altmann gave birth to a son, Abraham. For her part, After three years of technical coursework at the trade school in Féronstrée street in Liège, Brandel became a “tailor.” In 1940, she married Abram Josek Grub, a tie manufacturer.

 

En mai 1940, lorsque la guerre éclate,  ils résident tous dans la commune de Grivegnée et sont directement concerné lorsque, à la fin du mois d’octobre 1940, les occupants allemands mettent la « question juive » à l’ordre du jour en Belgique.  La première des dix huit ordonnances anti-juives promulguées sur une durée de deux ans, prévoit la création d’un  « Registre des Juifs ». La charge de l’établir et de le tenir à jour est dévolue aux autorités communales.

In May 1940, at the start of the war, they were alal living in the village of Grivegnée and were directly concerned when, at the end of October, 1940, the German occupying forces put “the Jewish question” on the table in Belgium. The first of ten anti-Jewish ordinances promulgated over a period of two years created a “Directory of Jews.” The responsibility to set up and maintain the listing fell to the municipal authorities. 

A Liège, c’est tout naturellement au Bourgmestre de cette ville, le socialiste Joseph Bologne qu’échoit la responsabilité d’appliquer les instructions allemandes.  A l’exception de la distribution des étoiles jaunes,  son administration et lui-même exécutent toutes les ordonnances allemandes concernant les Juifs. Dans d’autres domaines pourtant, le bourgmestre Bologne aura su trouver certains espaces d’insoumission pour contester -et même refuser- les ordres allemands. 

In Liège, the obligation to apply the instructions of the Germans fell upon the “Bourgmaster” of the city, the socialist Joseph Bologne. Except for the distribution of yellow stars, he and his administration carried out all the German ordinances concerning the Jews. In other ways, however, “Bourgmaster” Bologne found areas for insubordination, where he could contest - or even refuse to carry out - German orders.

 

Comme ordonné par les Allemands,  la famille Kempner s’inscrit donc au Registre des juifs de la commune de Grivegnée  (29 novembre 1940) puis, le 9 mars 1942, dans un second registre, celui de du comité local de l’Association des Juifs en Belgique (organisme crée par l’occupant et dont les Juifs devaient obligatoirement faire partie). 

As ordered to do so by the Germans, the Kempner family signed onto the Jewish Directory of the cillage of Grivegnée on the 29th of November, 1940, and then, on the 9th of March, 1942, onto a second Directory, that of the local committee of the Association of Belgian Jews (an organization created by the occupier and in which the Jews were obliged to enroll.)

Au fil des autres ordonnances, Moszek Kempner est radié le 4 avril 1942 du registre du commerce. Et comme tous les Juifs de Belgique, lui même et sa famille sont soumis aux diverses mesures (couvre-feu, interdit d’enseignement, etc.) destinées à les exclure de la vie économique et sociale du pays.

As a result of other ordinances, Moszek Kempner was expunged from the business list, on the 4th of April 1942, And, like all the Jews of Belgium, he and his family had to submit to a variety of measures ( curfew, no schooling, etc. ) intended to exclude them from their country’s economic and social life.

Fin juillet 1942 la politique allemande à l’égard des Juifs en Belgique prend un tournant décisif: le 3 août 1942,  Moszek Kempner, son beau-fils Abraham Grub, son beau-frère Alter-Jacob Rozen, son frère Lajb Kempner et son neveu Abraham sont convoqués par l’Office du travail de Liège et déportés, avec 137 autres Juifs de la région liégeoise,  dans les camps de travail du Nord de la France, notamment à Dannes-Camiers.

At the end of July, 1942, German policy regarding the Jews of Belgium took a decisive turn: on August 3, Moszek Kempner, his son-in-law Sbraham Grub, his brother-in-law Alter-Jacob Rozen, his brother Lajb Kempner and his nephew Abraham were called in by the Li¡ege Office of Work and deported, with 137 other Jews in the Liège region, to work camps in the north of France, notably in Dannes-Camiers.

Le 31 octobre suivant, les Allemands décident d’arrêter tous les Juifs étrangers travaillant dans les camps du Pas-de-Calais afin de les déporter vers Auschwitz par le XVIe convoi.  Mais les  Kempner–Rozen parviennent à s’en tirer : Lajb Kempner est libéré pour raisons médicales du camp de Dannes-Camiers, son fils Abraham Kempner s’en évade (il rejoindra plus tard la résistance). Quant à Moszek Kempner, Abraham Grub et Alter Jacob Rozen, ils arrivent à sauter du train et à rejoindre Liège. 

On the following October 31, the Germans decided to arrest all the Jewish foreigners working in the Pas-de-Calais camps in order to deport them to Auschwitz on the 16th convoy. But the Kempner-Rozens managed to get out of it: Kajb Kempner was liberated, for medical reason, from the Dannes-Camiers camp; his son Abraham Kempner escaped from it ( he was later to join the Resistance). As for Moszek Kempner, Albraham Grub and Alter Jacob Rozen, they managed to jump off the train and get back to Liège.

Mais à cette date, la population juive de la région liégeoise est déjà durement frappée. Depuis  le 4 août 1942, 511 Juifs de la région ont été déportés vers la haute Silésie et parmi eux, Charolla Roth, l’épouse d’Alter Rozen arrêtée  le 25 septembre dans ce qui fut –probablement- l’unique rafle de Liège. Elle sera incorporée, le  26 septembre 1942, dans le  XIe  convoi à destination d’Auschwitz. L’épouse de Lajb Kempner, Esther Altmann sera, elle, déportée par le XXIIIeconvoi du 15 janvier 1944.

But by that time, the Jewish population of the region of Liège were hard pressed. Since August 4, 1942, 511 of the region’s Jews were deported to upper Silesia, among whom Charolla Roth, Alter Rozen’s wife, arrested September 25 in what was probably Liège’s only round-up. She was incorporated, on September 26, 1942, into the 11th convoy headed to Auschwitz. Lajb Kempner’s wife, Esther Altmann was deported on the 23rd convoy, January 15, 1944.

De nombreux autres Juifs, seuls ou avec l’aide de la population locale et de la Résistance, sont entrés dans la clandestinité, c’est le cas de Marjem Rozen et sa fille Brandel que les fuyards parviennent à rejoindre. Moszek Kempner et sa famille décident de se cacher dans différentes maisons de la région : lui trouve refuge chez les Renard-Gresy à Grivegnée, les autres chez la famille Hanon-Lenaerts à Angleur.

Numerous other Jews, on their own or with the help of the local population and the Resistance, went underground; so it was with Marjem Rozem and her daughter Brandel, who were rejoined by those [of their family] on the run. Moszek Kempner and his family decided to hide in several different houses in the region: he found refuge with the Renard-Gresy’s in Grivegnée, the others in the Hanon-Lenaerts in Angleur.

Ce n’est qu’un bref répit : le 12 avril 1943, vraisemblablement sur dénonciation, la section anti-juive de la Sicherheitspolizei de Liège fait une descente tant à Grivegnée qu’à Angleur.  Moszek Kempner se dissimule dans un faux grenier et arrive ainsi à se soustraire à l’arrestation. Ce ne sera pas le cas de son épouse, sa fille, son beau-fils et son beau-frère.

It was only a brief respite: on April 12, seemingly by denunciation, the anti-Jewish section of Liège’s Sicherheitspolizei swooped down on Grivegnee and on Angleur. Moszek Kempner hid in a ceiling and was thus able to escape arrest. That was not to be the case of his wife, his daughter, his son-in law and his brother-in-law.

Ils sont d’abord internés à la Citadelle de Liège, caserne militaire reconvertie en prison de haute sécurité par l'occupant allemand, d’où Brandel Kempner fait parvenir en fraude, le 15 avril suivant un dernier message à son père pour l’informer de leur situation. 

They were imprisoned first in the Citadelle of Liège, a military barrack converted by the German occupier into a high-security prison, from which Brandel Kempner, by subterfuge, passed a last message to his father to let him know of their situation. 

Le 17 avril 1943, ils sont transférés à la Caserne Dossin de Malines et le 19, ils sont déportés par le XXe convoi. Celui-ci est attaqué par la Résistance et le mari de Brandel, Abraham Grub,  parvient à s’évader (il sera repris et déporté par le XXIe convoi du 31 juillet 1943).

On April 17, 1943, they were transferred to the Dossin barrack in Malines, and on the 19th, they were deported on the 20th convoy. It was attacked by the Resistance and Brandel’s husband, Abraham Grub, managed to get away. ( He was retaken and deported on the 21st convoy of July 31, 1943.)  

Marjem et Brandel Kempner arrivent, elles,  le 22 avril 1943 à Auschwitz.  Quatre mois plus tard, elles font partie du groupe de prisonniers « sélectionné » pour le « projet Hirt » et sont transférées au camp du Struthof-Natzweiler en Alsace. Elles y sont gazées le 11 août 1943.

Marjem and Brandel Kempner arrived on April 22 in Auschwitz. Four months later, they became members of the group “selected” for “Project Hirt” and were transferred to the Natzweiler-Struthof concentration camp in Alsace. They were gassed ther on August 11, 1943.

Avec  l’avalanche commémorative de cette dernière année, on était en droit de se demander si tout n’avait pas été dit. Le destin de ces 86 victimes dont il a fallu 60 ans pour retrouver l’identité, vient nous rappeler qu’il y a encore beaucoup à étudier, à dire, et à écrire.

With the avalanche of commemorations this past year, one had the right to ask if all had not been said. The fate of these 86 victims whose identity took 60 years to uncover, serves to remind us that there is still much to study, to say, and to write.

En Belgique l’ouverture récente de fonds d’archives totalement inédits, des recherches de plus en plus détaillées sur les modalités concrètes de la persécution des Juifs, l’émergence d’études régionales, éclaire des zones d’ombres de notre histoire nationale. Elles permettent aussi, petit à petit, de sortir de l’anonymat ces dizaines de milliers de juifs de Belgique assassinés, dont  le souvenir se résume jusqu’à présent à des statistiques abstraites. 

In Belgium, the recent opening of totally unexplored archive collections, more and more detailed research about the specific means of persecution of the Jews, the emergence of regional studies, lights up parts of our national history that have remained in shadow. This research also allows tens of thousands of assassinated Belgian Jews to come out of the anonymity where their memory up until  now had been limited to abstract statistics. 

Thierry Rozenblum

Translated by Diana Henry ( dmh@dianamarahenry.com

From

http://perso.orange.fr/c.brossard/dora/liege_auschwitz_struthof.doc.

Footnotes:

Hans-Joachim Lang vit à Tübingen en Allemagne, journaliste, il a débuté ses recherches en 1998/99. Il est Lauréat du Prix de la Fondation Auschwitz 2004.

Hans-Joachim Lang, Die Namen der Nummern. Wie es gelang, die 86 Opfer eines NS-Verbrechens zu identifizieren, Hoffmann und Campe Verlag, Hamburg, 2004. www.die-namen-der-nummern.de

Des 86 victimes, une seule avait été identifiée, jusqu'au 21 septembre 2003, il s'agit de Menachem Taffel, né en Pologne le 28 juillet 1900.

Sara Bomberg-Birentzveig, Brandel Grub-Kempner, Marjem Kempner-Rozen, Jeanette Passmann-Vogelsang, Marie Sainderichin-Brodsky, Maria Urstein-Brandriss.

Thierry Rozenblum, « Une illustration locale. Le comité de Liège de l’AJB », dans Les curateurs du Ghetto. L’Association des juifs en Belgique sous l’occupation nazie, sous la direction de Jean-Philippe Schreiber et Rudi Van Doorselaer, Bruxelles, Labor, 2004, pp. 345-371, et « Une cité si ardente. L’Administration communale de Liège et la persécution des Juifs, 1940-1942 », Revue d’Histoire de la Shoah n° 179,  Paris, sept.-déc. 2003, pp. 9-73. www.memorialdelashoah.org/upload/ medias/A1_seltextes_179_rozenblum.pdf

A book has been published written by Hans-Joachim Lang
"Die Namen der Nummern"
(Les noms des numéros)
As the author and his project are introduced by Gérard GINSBURGER at http://judaisme.sdv.fr/histoire/shh/struthof/medec.htm

Hans-Joachim Lang a joué dans la recherche de la vérité un rôle déterminant. Il est de la génération de l'après-guerre (né en 1951), soucieux de faire toute la lumière sur les méfaits qu'on reproche à la génération de ses parents et grands-parents. Après avoir fait des études de germaniste et en sciences politiques, il est devenu rédacteur de la rubrique scientifique du quotidien Schwäbisches Tagblatt de Tübingen. Alors qu'il découvrait le passé national-socialiste et les carrières qu'ont pu faire alors certaines personnalités du sud-ouest de l'Allemagne, il est tombé sur le cas de l'anatomiste August Hirt et de sa collection de crânes, tristement célèbre, de l'Université de Strasbourg. Ce qui l'a frappé, c'est que, hormis Serge Klarsfeld (mais sans succès) personne ne s'est intéressé à l'identité des victimes de ce crime contre l'humanité. Il s'est senti interpellé. Aussi écrit-il (p.13) :

"Ce livre parle de la façon dont les numéros du camp de concentration se sont de nouveau transformés en noms. Un monde invisible durant de nombreuses décennies surgit de l'obscurité. Trait pour trait, les personnes sortent de l'anonymat, des hommes et des femmes vous mènent aux endroits où ils ont vécu et qui, nulle part en Europe, n'étaient à l'abri des nazis, que ce fût à Larvik en Norvège, à Théssalonique en Grèce, à Sittard aux Pays-Bas ou à Szereszow en Pologne… Ces gens assassinés continuent à vivre dans le souvenir de ceux qui les ont connus."

Other doctors operating on other victims at KLNa

Haagen

(from http://judaisme.sdv.fr/histoire/shh/struthof/medec.htm) :

revenons à Ernst Klee qui rapporte la réflexion du Dr GRAFE, assistant du Pr HAAGEN.Celui ci poursuivait au Struthof des expérimentations sur des cobayes dans le cadre de recherches sur les virus : "On ne prend que des Polonais, pas des Alsaciens, les Polonais ne sont pas des êtres humains" (14) .

Eisele

In his paper for the Shoah Resource Center, The international School for Holocaust Studies, Walter Zwi Bacharach discusses Micahel Phayer: The Catholic Church and the Holocaust,1930-1965 ( Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press, 2000)  p. 102 and pp. 138-144. “In my opinion, there is justification here to point out the moral failure of the Church officials. Phayer describes this in the case of Dr. Hans Eisele, SS doctor in the Dachau, Natzweiler and Buchenwald concentration camps, who brutally killed Jewish prisoners there. Eisele was sentenced to death for these crimes by botht the American occupation forces in Dachau and the Soviets in Buchenwald. In the wake of intervention by Father Wessle and prelates, Eisele received clemency, was sentenced to life imprisonment and was released ten years later. Phayer describes his cruel acts in detail and considers him a test case for other doctors for whom the clergy lobbied. This was a test case, because Eisele made a complete differentiation between Jewish and non-Jewish prisoners. “

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